Etude de verset

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Mathieu 13 1-23
En cette période de grandes vacances, tenir une prédication sur la base de ce
texte est assez particulier puisque certains éléments rappelant les lieux des
vacances y sont énumérés : la mer, le rivage, la barque, le soleil. On se doit de
croire à un face-à-face entre Jésus et la foule dans un endroit ensoleillé où le ciel
bleu incite à la rencontre, favorise le dialogue. Un temps qui ne serait pas aussi
capricieux que chez nous en région parisienne. On consent tout de même à
déceler quelque désagrément météorologique notable comme dans Luc 8. 23-25,
sous-titré « Jésus apaise une tempête ». Nos plages sont tout aussi envahies par
une foule qui certainement ne cherche pas à s’abreuver d’un quelconque
message spirituel. Sa présence relève d’une tout autre raison, les vacances au
sens le plus large. Quant aux engins puissants dont l’accès se banalise au fil du
temps, les fameux jet skis, il est impossible de ne pas en apercevoir, ils sont
devenus incontournables malgré les dangers qu’ils peuvent présenter. Ce sont en
quelque sorte les barques d’aujourd’hui à la différence qu’on ne songe pas pour
le moment à en faire un moyen de locomotion pour évangéliser nos littoraux,
nos plages. Ces remarques, quoique anodines, montrent tout de même,
comment l’intérêt de l’homme pour la parole de Dieu a évolué en deux mille ans
d’ensemencement de cette Parole de Dieu. D’ailleurs les quatre exemples que
renferme la parabole du semeur en offrent quelques pistes.
Très connue des chrétiens familiers de la Bible, cette parabole souligne que tous
les hommes ne manifestent pas les mêmes intérêts par rapport à la parole de
Dieu. Les explications que Jésus en a fournies concernant les quatre groupes
ciblés sont très claires, il est inutile d’en rajouter d’autres.
Néanmoins, sous un autre angle, statistique, quelle lecture peut-on faire de cette
parabole ?
Seuls la moitié des gens sont persuadés des bienfaits de la parole de Dieu et
décident d’en faire le guide de leur existence. Malheureusement, une bonne
moitié de ceux-ci, ont été gagnés par l’abandon, avec pour cause le manque
d’enracinement de la parole. Condition sine qua non pour surmonter les
épreuves et faire face aux désillusions. Au final, un quart seulement des gens
évangélisés ont pu satisfaire le Seigneur par leur attitude exemplaire. On ne sait
pas si cette estimation se vérifie à l’échelle mondiale ; mais en France les
chrétiens qui se disent pratiquants ne cessent de baisser en nombre au fil des
années. Aucun responsable ecclésial n’ignore par contre que l’étude biblique
tenue en dehors du jour dominical est loin de pouvoir drainer une foule de
paroissiens. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il reste encore beaucoup à faire
jusqu’à ce que tout le monde accepte de devenir disciples du Seigneur : «  Allez
donc : de toutes les nations faites des disciples…. ». (Mt 28.19).

Cependant, il ne faudrait absolument pas se focaliser sur les chiffres. Toute
mission d’évangélisation qui se donne un objectif chiffré est un non-sens. Les
144 000 élus soulignés dans le livre de l’Apocalypse de Jean ou encore cette
prédiction de la fin du monde en 2012 qui envahit la toile et dont certaines
théologies font leurs bases, appartiennent aux mouvements religieux en perte de
crédibilité. Car quoique nous fassions, notre rôle dans la conversion d’un
individu reste entièrement secondaire. C’est l’Esprit de Dieu qui agit, c’est Dieu
qui choisit, à qui, à quel moment, Il veut révéler le mystère de son amour. Nous
sommes là uniquement pour déblayer le terrain afin que la parole de Dieu puisse
faire son œuvre transformatrice. Chasser l’esprit du monde qui est en nous, pour
y loger durablement l’Esprit de Dieu. Jean Baptiste n’a-t-il pas rappelé ce qui a
été écrit dans le livre du prophète Isaïe : «  Une voix crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». (Luc 3.4).
Effectivement, nombre de gens ont fait le choix en toute liberté et conscience de
rester insensibles aux questions spirituelles. De se mettre à l’écart de toute
communauté de foi, des discours religieux qui prônent certains messages qu’ils
ne partagent pas tels que la vie éternelle, l’amour de Dieu ou la puissance
divine. Pour certains l’amour de Dieu reste une annonce floue, impalpable par
rapport à ce qu’ils voient, à distance et parfois même dans la solitude à la
télévision. Grâce au concours des médias, qui eux s’appuient sur les célébrités,
un geste humanitaire, une générosité d’une dimension rare se réalise en une
soirée devant des millions de spectateurs. Un exemple concret de soutien,
d’empathie. Par ailleurs, quand l’envie de croquer la vie terrestre à fond est
inébranlable, quand on a une confiance profonde en sa capacité à pouvoir
surmonter par soi-même, par son caractère tenace et par son intelligence, les
aléas de la vie, on peut ne pas être d’accord avec les fondamentaux de la foi
chrétienne. C’est une évidence. Quelle posture doit-on adopter face à cela ? Se
laisser tomber dans le piège d’une récrimination ou accepter d’être habité par la
patience christologique.
Quand Jésus dit : «  …mettez-vous à mon école.. » ( Mt 11.29), ce n’est pas une
école qui formerait une élite de la société au travers des formations exigeantes et
très pointues. Encore moins une école de guerre. C’est le banc sur lequel on
s’assoit pour apprendre à mettre en valeur l’humilité, l’abnégation et aussi la
patience.Une école qui nous laisse aimanter par l’autre, qui nous pousse vers
autrui pour lui être disponible. C’est-à-dire trouver la force et la joie de vivre en
harmonie et de s’enrichir avec le monde plein de contradictions. Voir dans ce
creuset d’humanité et d’horizon le centre de son action d’évangélisation. Car
Jésus lui-même ne semble pas refuser l’idée que les capacités des uns et des
autres ne sont pas toutes égales : «  Celui qui a été ensemencé dans la bonne
terre, c’est celui qui entend la Parole et comprend : alors, il porte du fruit et
produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente » ( Mt 13.23).
Cependant, force est d’admettre l’irrésistible envie d’insouciance que nous
procure le temps des grandes vacances. Si bien que notre rapport avec le pain de

vie se trouve aussi affecté.Vivant dans un moment, non pas de « détresse » mais
de «  de-stresse », notre sentiment d’avoir besoin de s’accrocher à la parole de
Dieu diminue. Pourtant, la Bible souligne que : «  …l’homme ne vit pas de pain
seulement, mais qu’il vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur » ( Dt 8.3).
Le même verset fut employé par Jésus dans un tout autre contexte, celui de sa
tentation au désert par le diable ( Luc 4.4). Qu’est-ce que cela veut dire ?
D’une part, le pain quotidien que nous demandons au Seigneur à chaque fois que
nous disons le « notre père » est indissociablement lié au pain de vie qui est la
parole de Dieu. Tant que nous avons besoin de boire et de manger, nous devons
nous sentir redevable à Dieu qui nous donne toute chose. D’autre part, sans la
parole de Dieu, nous serons démunis face aux tentations qui plus est en forte
augmentation tout au long des périodes estivales, propices à toutes les
rencontres. De quels pièges devons nous nous mettre à l’abri?
Ce dont il faut principalement se méfier, c’est de la mise en avant de
l’apparence, du paraître en lieu et place de l’être, de la véritable nature de
l’individu. Avant le début de la haute saison, on mettait déjà tout le monde sous
pression. Tous y contribuent puisque c’est un créneau financièrement rentable,
les magazines spécialisés, les émissions télé, les panneaux publicitaires dont
certains messages frôlent l’insolence. Comme celui-ci : «  Je suis sexy » pour un
modèle de smart phone. Les yeux des passants sont subitement attirés car ils
croyaient avoir lu Jésus à la place de je suis. On fait courir aussi les gens après
les régimes, etc. Comment maigrir, comment s’habiller pour attirer les regards,
comment rectifier telle ou telle imperfection sur notre corps. Toutes les options
sont bonnes, les marchands des produits de beauté se frottent les mains. Car
c’est le moment où on peut proposer et vendre tout et n’importe quoi. Les soldes
sont aux boutiques de vêtements, comme l’été est aux chirurgiens esthétiques.
Nous mettant en garde contre nos penchants à la superficialité, la parole de Dieu
nous donne la force de refouler les tentations. Dieu se soucie de nous, du chemin
qu’IL nous a tracé en son Fils Jésus Christ qui est le chemin, la vie et la vérité.
Que l’été réchauffe notre corps impatient à se dévoiler après des mois de relative
hibernation, est indéniable, d’ailleurs les médecins nous l’ont vivement
recommandé. Néanmoins, la vigilance est de mise au regard de son pouvoir à
dessécher et à refroidir notre vie spirituelle. Par ailleurs, certaines paroisses
ferment leurs portes pendant ces deux mois de vacances. Une pause ô combien
souhaitable après des mois d’intense activité. Les pasteurs ont en fortement
besoin. Mais quand cela devient prétexte à ce que nous fermions la porte de
notre esprit et de notre cœur à la parole de Dieu, il y a des raisons valables de
s’alarmer.
Nous sommes loin d’ignorer l’effet très positif sur notre équilibre personnel et
celui de notre famille, de prendre un peu de vacances. Car pouvant nous
adonner sans contrainte de temps à nos loisirs, vivre sans recevoir d’ordres ni

avoir de comptes à rendre envers qui que ce soit, ces moments nous aident à
bien nous ressourcer. Seulement, cela ne devrait nous empêcher de rester en
veille : «  Veillez et priez afin de ne pas tomber au pouvoir de la tentation »
(Marc 14.38)
Alors, fuyez l’apparence du temps estival, n’accordez aucune importante à
l’inanité de ce monde, revêtez-vous de la profondeur de l’être en parfaite
osmose avec Jésus Christ Fils de Dieu et vous hériterez du Royaume de Dieu.
Amen
Pasteur Marc Rakotoarimanga

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